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Le monde du port

Interfaces terre-mer

Monde du port
Le trafic de commerce au sein de l'espace portuaire exige la coordination de corps de métiers issus de la mer et de corps de métiers issus de la terre. Ces hommes d'horizons différents se rencontrent donc régulièrement.
 

À Caen, la capitainerie organise des réunions dites des places à quai chaque semaine. Elles permettent, en réunissant des acteurs qui n'interviennent pas nécessairement dans un même temps ou dans un même espace, de coordonner leurs actions.
Chacun des représentants des corps de métiers maîtrise une des contraintes techniques de l'escale. Ils se concertent donc pour chaque escale. À ces occasions, ils découvrent les univers des autres professions et tentent de concilier les contraintes des uns et des autres. Le consignataire se fie au pilote pour commander ou non les services d'un ou deux remorqueurs. Le pilote, quant à lui, tient compte des priorités commerciales du consignataire dans le cas où deux navires se présenteraient sur rade au même moment.
À Cherbourg, pas de réunion de places à quai, mais une circulation d'informations plus informelle (qui coexiste également à Caen). La présence des officiers de port sur les quais, la proximité géographique d'agences de consignation, du bureau du pilotage et de la capitainerie facilitent grandement la circulation des informations au quotidien. Une des particularités de Cherbourg est de convier à un repas commun les représentants des acteurs portuaires à bord du prestigieux paquebot, le Queen Mary 2 lors de ses escales anniversaires, un moyen agréable de consolider les liens.

Les agents consignataires sollicitent fréquemment les pilotes pour connaître les conditions météorologiques que les navires seront amenés à rencontrer avant leur arrivée au port. Il ne suffit pas en effet d'avoir pris connaissance de la météo marine du jour, il faut encore pouvoir l'interpréter car l'information recherchée concerne avant tout le jour ou l'heure d'arrivée d'un navire ! En effet, les pilotes savent traduire en temps de retard pour un navire, la force et la direction du vent ainsi que l'état de la mer. De plus, ils connaissent souvent l'état mécanique des navires et leur capacité à affronter des vents contraires par exemple.

Les conditions météorologiques du port sont appréhendées différemment selon les acteurs. Les navigants tiennent compte de nombreux critères tels la visibilité, la hauteur des vagues, l'évolution de la pression atmosphérique, la force du vent exprimée en degrés sur l'échelle de Beaufort et sa direction. Un vent fort dans l'axe du port peut s'avérer moins problématique qu'un vent plus faible, mais latéral, qui pousserait le navire vers l'est ou l'ouest, vers les bords de l'écluse et du canal. Pour les grutiers, c'est la force du vent exprimée en km/h, qui peut poser problème, mais sa direction n'a pas d'importance. En effet, des anémomètres installés sur les grues indiquent si la force du vent reste inférieure à 72 km/h, limite maximale pour continuer à travailler en toute sécurité. La pluie, qui indiffère totalement les navigants, est redoutée par les manutentionnaires. S'il pleut, il devient impossible de charger du blé sans en altérer la qualité. Les cales sont alors fermées et les cadences de chargement diminuent. Si le déchargement des grumes ruisselantes et glissantes sous la pluie n'est pas interrompu, il devient cependant plus périlleux encore. Sur le port, entendre dire qu'il « fait beau » peut recouvrir des significations très variables !