CRéCET
Cargos et paquebots

Une évolution radicale

Mécanisation
L'évolution de la manutention, notamment sa mécanisation s'est révélée fulgurante depuis les années 70, bouleversant ainsi ce métier.

« J'ai connu tout un tas de péripéties du port de Caen depuis 73.
Quand je suis arrivé, on avait une ligne sur l'Algérie à cette époque là et pour charger un bateau de par exemple 2000 tonnes ou 3000 tonnes on mettait deux jours, trois jours parce que toutes les marchandises qu'on chargeait dans le bateau, tout était en vrac ou en caisses c'est à dire que les pneus arrivaient dans des camions en vrac, on stockait ça sur des palettes dans le magasin puis ensuite quand le bateau était là, on rechargeait les pneus un par un dans le bateau, on chargeait des brouettes, on chargeait des pelles et tout ça c'était en vrac donc ça demandait bientôt trois jours. Maintenant toutes les marchandises qu'on charge à destination de l'Algérie, à 90% ça arrive dans des conteneurs. Alors les conteneurs, ils arrivent, paf, on les décharge en deux minutes on décharge un conteneur. Pour l'embarquer dans le bateau bah ça demande cinq à dix minutes donc on charge la même quantité de marchandise en une demi-journée. Le bateau reste là une demi-journée. Alors toute cette évolution là, moi je l'ai vécue, c'est une autre façon de travailler.
Ensuite on a connu la réforme portuaire en 92. Moi quand je suis arrivé sur le port, il y avait 50 dockers professionnels »
Directeur de l'agence Sogéna à Caen.


En effet, s'il est un métier particulièrement frappé par la mécanisation de la manutention, c'est celui de docker. Cependant, l'évolution technique de la manutention n'a pas modifié la dangerosité de ce travail. De plus, les ports de caen et de Cherbourg restent des ports où sont maintenus les savoir-faire de déchargement de vrac (marchandises hors conteneurs).